La précision du diagnostic est essentielle pour garantir une prise en charge optimale et personnalisée des patients. Les examens complémentaires jouent un rôle crucial dans ce processus, mais il est important de les utiliser de manière judicieuse pour éviter les écueils du sous-diagnostic et du surdiagnostic. Cet article explore les justifications et les objectifs des examens complémentaires, tout en soulignant l'importance d'une approche équilibrée pour assurer la sécurité et l'efficacité des soins.
Florian, publié le 18/06/2024 - 3 min de lecture
La démarche diagnostique dans toute situation clinique moderne repose sur plusieurs éléments cruciaux. L’interrogatoire et l’examen clinique sont les bases du diagnostic, en recueillant d'abord les éléments anamnestiques importants : antécédents particuliers, traitements, symptômes du patient et leur évolution. Ces éléments, recueillis de manière exhaustive mais ciblée, permettent au clinicien de réaliser un examen clinique orienté et adapté, prenant en compte l’état général et les signes cliniques généraux (tension artérielle, fréquence cardiaque, température, etc.). Bien que ces éléments posent souvent les bases du diagnostic, ils ne suffisent pas toujours à établir un diagnostic précis ni à élaborer une prise en charge thérapeutique adaptée.
Aujourd’hui, une prise en charge adaptée et personnalisée pour chaque patient est essentielle. Les patients sont de plus en plus demandeurs dans leur prise en charge médicale, ce qui implique de mettre tous les moyens à disposition du médecin. Les examens complémentaires, qu'ils soient biologiques, d’imagerie médicale ou plus invasifs (endoscopies, prélèvements profonds, chirurgie à visée diagnostique), peuvent être indispensables. Ces examens permettent de confirmer un diagnostic suspecté, d’éliminer des diagnostics différentiels, de rechercher des complications éventuelles, de trouver la cause d'un diagnostic (diagnostic étiologique), d’orienter les modalités thérapeutiques (bilan pré-thérapeutique), ou de surveiller un traitement et programmer un suivi ultérieur.
La justification d’une demande d’examen complémentaire doit également tenir compte du risque de surdiagnostic lié à une demande non justifiée. Un examen prescrit pour « rassurer » le médecin et le patient, sans fondement basé sur les recommandations, peut mener à un surdiagnostic. Cela peut entraîner une accumulation d’examens complémentaires invasifs ou irradiants, ou le traitement erroné d'une pathologie, augmentant ainsi les dépenses de santé. L'utilisation excessive des examens d’imagerie médicale est un sujet de préoccupation. Par exemple, un rapport de 2013 de l’Académie nationale de médecine a souligné que l’échographie est souvent réalisée de manière systématique sans recherche spécifique. Les anomalies découvertes sont souvent sans conséquence, entraînant des examens complémentaires potentiellement nocifs.
La question de la radioprotection et de la répétition des actes d’imagerie irradiants est également cruciale. Le décret n° 2018-434 du 4 juin 2018, relatif à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisants, précise trois grands principes de radioprotection : la justification des actes, l’optimisation des expositions et la limitation des doses d’exposition individuelle aux rayonnements. La justification des actes implique une demande motivée d'examen par le clinicien (Art. R. 1333-53 du CSP), suivie de l’évaluation du rapport bénéfice-risque par le radiologue. Ce dernier doit proposer, à efficacité comparable, les techniques les moins irradiantes (Art.R.1333-46 à 1333-56 du CSP). Un dialogue avec le patient concernant la balance bénéfice/risque de l’imagerie est essentiel.
En conclusion, la pertinence des examens complémentaires réside dans une utilisation judicieuse, évitant à la fois le sous-diagnostic et le surdiagnostic, tout en garantissant la sécurité et l'efficacité des soins pour chaque patient.
A très vite pour un nouvel article ☀️